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Jeudi 18 septembre 2008 4 18 /09 /Sep /2008 09:06
F.P Meny. 42 ans. Auteur vagabond. Préférence pour ce terme plutôt que pour celui de SDF. Avril 2008, premier livre. Conquête du désastre, aux éditons Sulliver. F.P s'insurge : " Dans l'univers défloqué des culs blancs où des demi-penseurs côtoient des demi-mondains qui se prennent pour des demi-dieux, on préfère du vient bien ordonné à du propos mal fagoté ". C'est toujours bon à prendre. 11 juin 2008. F.P Mény quitte la route.  F.P Mény, sa Conquête (extrait) : Dansons sur les cendres, et laissons faire les cancres, ceux qui brassent tout sans savoir rien, marchons à l'instinct. F.P Mény retrouvé mort dans le fond d'une grange d'un village de Corrèze où il s'était refugié à cause du mauvais temps. Stéphane Beau (le Grognard) appose son regard sur les mots / parcours / livre de celui qui n'est plus : Par la pureté de son cri, par la force de sa dénonciation des absurdités sociales, Meny est une sorte de résistant : un résistant contre l'abrutissement généralisé, contre l'avachissement béat des masses, contre l'anéantissement dans les sables mouvants de la standardisation et de la mondialisation.

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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 01:56
Thierry, portrait d'un absent. Le genre de portrait dont on ne se remet pas. Une étrange découpe pour en arriver là. A ce documentaire final, à ce titre révélateur d'un garçon portant déjà en lui les stygmates d'une vie, qu'il ne pourra " jamais mené " comme tout le monde. 1990. François Christophe réalise un court métrage intitulé Les zonards, se référant aux maginaux passant la plupart de leur temps dans le métro. Parmi les personnages qu'il rencontre, métro  Montparnasse, il y a Thierry (photo de droite). Que je suis sûr, après coup, d'avoir déjà croisé, lors de mes années passées à la rue. D'où cet étrange coup de foudre pour ce garçon, pour son parcours, son choix de vie qui résonne en moi comme un vertige écho. En 1992, François Christophe décide de faire un film sur Thierry. Mais le garçon est décédé, à 33 ans, d'une overdose. Il remonte alors le fil du temps. Va à la rencontre de son frère et de sa mère ; et commence à poser les bases de son documentaire qu'il intitule Thierry, portrait d'un absent. Mais il ne va pas manquer d'être surpris en apprenant que Thierry a fait l'objet d'un documentaire (photo de gauche) en 1972. Alors qu'il n'est encore qu'un enfant. Ce documentaire de Bernard Boutier s'intitule La bande. Et va servir de fil conducteur à celui de François Christophe. Et tout à coup, l'histoire de Thierry prend tout son sens. L'histoire de cet enfant qui capte, en 1972, tous les instants à filmer. Et qui s'érige en vedette de ce documentaire signé Boutier. Il a le même âge que les camarades de sa bande, mais il a déjà tant à dire. Et dans le même temps, tout se dessine avec une grande radicalité, comme si le choix de la rue était déjà fait. Il vit en permanence dans le square se trouvant tout près de son domicile. Il ne veut rien faire. Il revendique haut et fort sa vision de ce monde. Un gamin dont la caméra ne peut plus se défaire. Cest déchirant, et émouvant au plus haut point. François Christophe, plus que surpris par cette découverte, va en faire un montage exceptionnel. Entrecoupé d'images de son documentaire, d'images venant de celui de Bernard Boutier ainsi que de  témoignages de proches ayant connu (aimer) Thierry ; traçant de lui un magnifique portrait. Voilà que ce documentaire est dorénavant disponible en DVD (édité par les éditions l'Harmattan). Comme une lutte contre l'oubli. Comme une trace indélébile. A visionnier de toute urgence. J'ai songé un moment écrire un récit en me servant de ce portrait de Thierry. Ecrire sur cette absence, de son vivant. Projet extrêmement délicat. Mais plus que jamais m'interesse ce point de non retour. Cette décision prise depuis longtemps par Thierry. Ferme et définitive. Oh combien je la comprends. Je me sens frère de sa démarche, jusqu'à ce non sens...
Par Jean-François JACQ - Publié dans : artiste - Communauté : Annuaire de blogs
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Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /Sep /2008 11:32
1996. David douche. Moteur. Un premier film, rôle principal, prix d'interprétation masculine à Taormina, en 1997. Il habite la rue où la plupart des scènes ont été tournées. Bailleul. Le nord. Un film à la frontière du cinéma des frères Dardenne. En plein dedans. Choisi par le réalisateur à cause (grâce) de sa gueule, blessure qu'il porte à plein visage. Une douleur fascinante pour un cinéaste, concède le réalisateur. Sa seule ambition est de se faire un peu de fric. C'est aussi pour cette raison que le réalisateur a arrêté son choix sur David. Il vient de la Dass, végète de droite à gauche, travaille à l'époque comme couvreur, depuis cinq ans. A part ça l'armée, Françoise avec qui il partage son existence, la picole, et c'est tout. Le film sort. Primé à Cannes. Caméra d'or. Belle réussite pour un premier film en tant que réalisateur. David est invité à Cannes, mais il n'y va pas car il ne veut pas laisser Françoise. David est invité au japon, à travers le monde, alors qu'il ne connait pas Paris. Il touche un salaire de 10.000 francs par mois durant le tournage. Dans le film il incarne Freddy, un personnage épileptique, mobylette en guise de roue de secours, pour tuer l'ennui. Son racsime le pousse à commettre le meurtre de Kader. Fin de l'action. Il n'empêche. Le retour à la vie sera très difficile. Il perd son boulot, par manque d'assuidité, trop plein d'alcool. Il se fait casser la gueule, dans sa propre ville, par une bande voyant en lui " le meurtrier de Kader ". Qui a parlé de fiction ? Téchiné s'interesse à David, augurant d'un début de tournage d'un second film, mais David passe durant neuf mois par la case prison. Depuis ? En 1997, David avait 24 ans. Depuis, rien. La rue. SDF. Toujours avec Françoise. A été repéré, il y a quelques années, vivant sous un pont autoroutier. Je tairais le nom de ce film, son seul film, ayant à l'époque réalisé 150.000 entrées. Et disponible en DVD. David, se demandant après coup s'il a eu raison d'accepter ce rôle. Trop fragile ? Le cinéma a-t-il tué David, dès qu'il a remit un pied dans la réalité ? Ce film, je l'aime, mais là n'est pas la question. David, enfant de nulle part, de la rue, c'est seulement à lui que je pense.
Par Jean-François JACQ - Publié dans : artiste - Communauté : Annuaire de blogs
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